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Insights · Adhérence

Pourquoi la moitié des patients sous GLP-1 arrêtent la première année, et ce qui change la trajectoire.

10 min de lecture Publié le 4 mai 2026

Cet article fournit une information médicale générale, et non un avis médical. Il ne remplace pas le jugement de votre médecin. Si un symptôme est sévère, persistant ou nouveau, contactez votre médecin ou un service d’urgence.

En bref

Une analyse rétrospective publiée dans JAMA Network Open en 2025 a suivi 125 474 adultes américains débutant un GLP-1 pour le surpoids ou l’obésité, et a montré que près de 65 % des patients sans diabète de type 2 interrompaient le traitement dans les douze mois.1 L’écart avec les essais cliniques (où plus de 90 % terminaient) n’est pas un détail : c’est l’indicateur clinique le plus important pour la prise en charge à grande échelle. Les raisons d’arrêt ne sont pas un manque de motivation, ce sont quatre frictions structurées : la tolérance digestive, le coût, la solitude entre deux consultations, et la perte de sens à dose stable. Cet article les détaille, sources à l’appui.

1. Les chiffres en vie réelle, face à la bulle des essais

Dans STEP-1, l’essai pivot du sémaglutide hebdomadaire 2,4 mg, 94 % des participants ont complété l’essai de 68 semaines et 81 % sont restés à la dose assignée tout au long de l’étude.2 SURMOUNT-1, avec le tirzépatide à 5, 10 et 15 mg, a montré une discipline comparable. Cette tenue est en partie le résultat d’un suivi rapproché, d’un encadrement clinique mensuel, et du cadre éthique d’un protocole de recherche.

Hors essai, la photographie est différente. La cohorte rétrospective publiée par Rodriguez PJ et collègues dans JAMA Network Open en 2025 a suivi 125 474 adultes américains débutant le sémaglutide ou le tirzépatide pour l’obésité ou le surpoids, à partir de données de dossiers médicaux électroniques (Truveta). Les résultats clés :1

  • Chez les adultes sans diabète de type 2, environ 64,8 % avaient arrêté à 12 mois.
  • Chez les adultes avec diabète de type 2, environ 46,5 % avaient arrêté à 12 mois.
  • Parmi les patients ayant arrêté et disposant d’une mesure de poids documentée à l’arrêt (n=41 792), 36,3 % (sans diabète) à 47,3 % (avec diabète) avaient repris un traitement GLP-1 dans l’année qui a suivi, souvent après une reprise mesurable de poids.

D’autres bases de données du système de santé américain, synthétisées dans l’analyse Rodriguez, rapportent des taux d’arrêt à un an allant de 37 % à 81 % selon la couverture d’assurance, l’indication et la définition retenue de l’arrêt.1 Ce ne sont pas des chiffres défaitistes : ce sont les chiffres du soin courant. Ils dessinent l’espace réel dans lequel le système de santé doit travailler.

2. Première raison : la tolérance digestive, sans accompagnement structuré

Les effets digestifs des GLP-1 (nausées, satiété précoce, reflux, constipation, éructations sulfurées) sont la cause la plus visible d’abandon. Sodhi M et collègues, dans JAMA en 2023, ont quantifié dans une étude de cohorte rétrospective utilisant une base de données d’assurance américaine le sur-risque d’événements digestifs sous GLP-1 vs bupropion-naltrexone (pancréatite, gastroparésie et occlusion intestinale, hazard ratios 3,7 à 9,1).4 L’analyse Rodriguez confirmait le lien direct : l’apparition d’un effet indésirable digestif modéré ou sévère augmentait le risque d’arrêt de 19 % à 38 % dans l’année qui suivait la première prescription.1

L’élément qui change la trajectoire : ces effets sont en très grande partie gérables si la personne sait à quoi s’attendre, à quel rythme adapter ses apports, quand attendre une montée de dose et quand la décaler. Voir notre article sur les effets indésirables des GLP-1, mois par mois. La friction n’est pas le médicament. La friction est le silence entre la prescription et la consultation suivante.

3. Deuxième raison : le coût et la couverture

Aux États-Unis, la cohorte Rodriguez a montré que, chez les adultes avec diabète de type 2, ceux dont le revenu dépassait 80 000 $ par an avaient une probabilité significativement plus élevée de tenir le traitement que ceux à revenus inférieurs (HR 0,72 ; IC 95 % 0,69-0,76 par rapport à un revenu inférieur à 30 000 $).1 Ce gradient de revenu n’atteignait pas la significativité statistique chez les adultes sans diabète, où les inégalités d’accès et le reste à charge filtrent probablement déjà la population qui initie le traitement. En France et en Europe, le facteur équivalent est l’accès remboursé. Au moment de la rédaction :

  • Wegovy (sémaglutide 2,4 mg) est commercialisé mais non remboursé pour l’obésité par l’Assurance Maladie en France hors usage hospitalier ciblé.
  • Mounjaro (tirzépatide) est indiqué dans le diabète de type 2, et Zepbound, son équivalent obésité, n’est pas encore distribué en France au moment de la publication.
  • Cela laisse une charge financière structurelle aux patients, qui pèse sur la persistance.

L’élément qui change la trajectoire : une décision documentée, partagée avec le médecin, avec une visibilité claire sur le coût mensuel, l’horizon de remboursement attendu (PECAN, dossier HAS, négociations CEPS) et un plan de transition si l’accès évolue.

4. Troisième raison : la solitude entre deux consultations

Les questions de la vraie vie n’attendent pas la consultation suivante : l’injection oubliée, le voyage en avion, la nausée du dimanche soir, le repas de famille, l’interaction médicamenteuse, la nausée qui ne cède pas. La consultation typique en obésité dure moins de 15 minutes, parfois moins de 10 minutes en soins primaires en France comme ailleurs en Europe (Irving G, BMJ Open 2017 : revue systématique de 67 pays). Sans soutien intermédiaire, beaucoup de personnes prennent en charge seules, et nombre d’entre elles décrochent.

L’élément qui change la trajectoire : un canal d’information cliniquement validé entre deux consultations, qui répond aux questions du quotidien, structure les signaux à remonter et garde une trace pour le ou la médecin référent. C’est précisément ce que Boli Care apporte.

5. Quatrième raison : la perte de sens à dose stable

Une fois la dose d’entretien atteinte et les premiers kilos perdus, beaucoup de personnes décrivent un effet de plateau (poids stable) qui peut sembler être la fin de l’histoire. C’est faux cliniquement (l’extension de STEP-1 montre une reprise des deux tiers du poids perdu dans l’année suivant l’arrêt3) mais cela peut sembler vrai au quotidien. Sans accompagnement explicite sur le sens du long cours, la motivation s’érode.

L’élément qui change la trajectoire : cadrer la phase d’entretien comme un objectif clinique en soi (santé cardiométabolique, qualité du sommeil, stabilité émotionnelle, performance physique), pas seulement comme une absence de mouvement de la balance. Voir notre article sur le plateau et la reprise sous traitement anti-obésité.

6. Ce que change un soutien structuré, en chiffres

L’étude SCALE-IBT publiée par Wadden TA et collègues dans Obesity (2020) a randomisé des adultes recevant le liraglutide 3,0 mg en soins primaires, avec ou sans thérapie comportementale intensive (IBT). À 56 semaines, la perte de poids moyenne atteignait 7,5 % sous liraglutide + IBT, vs 4,0 % sous placebo + IBT.5 Le même schéma est observé dans la littérature plus large : l’ajout d’un soutien comportemental structuré, dans la durée, a un effet additif sur l’adhérence et sur les résultats cliniques.

  • Une résolution structurée de problèmes appliquée aux situations que le patient nomme : jour de voyage, repas de famille, 24 heures qui suivent l’injection, semaine de fêtes.
  • Un renforcement musculaire régulier pour protéger la masse maigre pendant la perte de poids, sachant qu’environ 25 à 40 % du poids perdu sous GLP-1 est du tissu maigre (environ 25 % dans la sous-étude composition corporelle SURMOUNT-1 sur tirzépatide ; plus proche de 35-40 % dans la sous-étude DXA STEP-1 sur sémaglutide).
  • Des relances utiles, pas culpabilisantes, calées sur le rythme du traitement.
  • Un canal pour signaler un effet indésirable et obtenir une réponse rapide, validée cliniquement.
  • Une trace exploitable pour la consultation suivante.

7. Que retenir, à votre échelle

Si vous démarrez ou suivez actuellement un traitement GLP-1, la moitié de la lecture est rassurante : les raisons d’abandon sont identifiées, structurées, et accessibles à un travail conjoint avec votre médecin. L’autre moitié est exigeante : tenir, sur la durée, un traitement chronique réclame plus que de la volonté individuelle. Cela demande un environnement.

Boli Care est conçu pour combler ce vide : l’environnement structurant entre deux consultations, dans la langue du patient ou de la patiente, avec retour synthétique vers le ou la médecin.

Boli Care a été pensé pour être ce que les essais cliniques ont qui manque dans le soin courant : un cadre fiable, dans votre langue, entre deux consultations.

Accès anticipé

Références

  1. Rodriguez PJ, Goodwin Cartwright BM, Gratzl S, et al. Discontinuation and Reinitiation of Dual-Labeled GLP-1 Receptor Agonists Among US Adults With Overweight or Obesity. JAMA Network Open 2025;8(1):e2457349. doi:10.1001/jamanetworkopen.2024.57349. PMID 39888616.
  2. Wilding JPH, Batterham RL, Calanna S, et al. Once-Weekly Semaglutide in Adults with Overweight or Obesity. NEJM 2021;384(11):989-1002. doi:10.1056/NEJMoa2032183. PMID 33567185.
  3. Wilding JPH, Batterham RL, Davies M, et al. Weight regain and cardiometabolic effects after withdrawal of semaglutide: The STEP 1 trial extension. Diabetes Obes Metab 2022;24(8):1553-1564. doi:10.1111/dom.14725. PMID 35441470.
  4. Sodhi M, Rezaeianzadeh R, Kezouh A, Etminan M. Risk of Gastrointestinal Adverse Events Associated With Glucagon-Like Peptide-1 Receptor Agonists for Weight Loss. JAMA 2023;330(18):1795-1797. doi:10.1001/jama.2023.19574. PMID 37796527.
  5. Wadden TA, Tronieri JS, Sugimoto D, et al. Liraglutide 3.0 mg and Intensive Behavioral Therapy (IBT) for Obesity in Primary Care: The SCALE IBT Randomized Controlled Trial. Obesity 2020;28(3):529-536. doi:10.1002/oby.22726. PMID 32090517.